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Principe de précaution et Lobby

mardi 31 juillet 2012, par Paul Emique

"Le quotidien du médecin"

La Direction générale de la santé a envoyé la semaine dernière une circulaire à tous les directeurs d’agence régionale de santé (ARS) leur demandant d’interdire aux hôpitaux d’utiliser l’Avastin pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). “La préparation de seringues par répartition aseptique d’une solution de bévacizumab (Avastin) pour injection intravitréenne est interdite, compte tenu de l’existence d’une spécialité adaptée (Lucentis, ranibizumab) possédant une autorisation de mise sur le marché pour le traitement de la DMLA et spécifiquement formulée et présentée pour les injections intravitréeennes”, conclut la lettre signée par le directeur général de la santé, Jean-Yves Grall.

Cette interdiction a provoqué un véritable tollé dans tous les grands services d’ophtalmologie des hôpitaux français, qui utilisent largement ce médicament. L’Avastin, le médicament interdit (utilisé à l’origine dans le traitement du cancer du colon), coûte entre 30 et 50 euros la dose, ce qui est environ 25 fois moins cher que le Lucentis, qui lui est autorisé et vaut 800 euros !

On se demande pour qui roule le ministère de la santé.

Vite que l’on revienne à une vision scientifique et non technocratico juridique de la Médecine. Dans un même temps on peut s’interroger sur le pourquoi de la volonté de faire disparaitre des premières années de médecine les sciences "dures" (physique, chimie, biophysique, biochimie, histologie) au profit des sciences "humaines".

Pourtant, les "humanités" permettaient d’apprendre l’importance de l’inscription au fronton de l’académie : "nul n’entre ici s’il n’est géomètre". Inscription dont le sens est de nous permettre d’appréhender des « vérités » (celle d’un théorème de géométrie) que l’on peut dire « transcendantes » en ce qu’elles ne dépendent pas de ce que nous en pensons,

Les "sciences dures" constituent le socle de l’esprit critique et ainsi de la capacité à discerner et agir sans avoir à faire référence à une quelconque "haute autorité administrative" qui n’a d’autre fonction de que de nous priver de ce libre arbitre. Ce d’autant plus et l’expérience le montre chaque jour, que ces "hautes autorités administratives" sont par nature gangrénées par les conflits d’intérêt.

Le coût de cette décision est estimé à 250 millions d’€uros.

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