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Quelle rémunération pour les soins ?

mardi 22 mai 2018, par Cap21LRC Nouvelle Aquitaine

En synthèse de travaux menés dans le cadre de l’Institut Santé Frédéric Bizard, économiste met en avant la nécessité de refonder l’approche de l’acte médical à la fois sur des dimensions éthiques et sociétales. Pour Frédérick Bizard et l’Institut Santé, "l’approche financière de la carotte et du bâton n’améliore ni la pertinence ni la qualité des soins. La quête de qualité est constitutive de la vie professionnelle médicale et de son éthique. Elle ne s’achète pas par des primes, mais se construit à partir d’une pluralité d’actions, d’une approche multidimensionnelle impliquant de l’investissement dans la formation, le management, les technologies et les structures. Le gain de la performance pour le professionnel se valorise par sa réputation, l’importance de sa patientèle, ses publications, pas par des primes. La sanction de la non-qualité peut être très lourde en cas d’erreurs médicales. De plus, tout système solidaire ne peut appliquer un modèle dont les grands gagnants sont ceux qui trient le plus efficacement les patients.

La médecine est un art et non une science. C’est la raison pour laquelle les professionnels de santé ont une obligation de moyens et non une obligation de résultat. La performance ne s’achète pas par des primes comme pour un banquier d’affaires ou un commercial. Le paiement au success fee ne fonctionne pas en santé. Il en sera ainsi tant que la médecine demeurera un art, tant qu’un système de santé devra soigner tous les patients"..

Parmi les pistes actuelles, il est évoqué le principe de la rémunération à l’épisode de soins. Cette rémunération a été étudiée sur le plan économique à la demande de la SOFCOT (Société Française de Chrirugie Orthopédique et Traumatologique) et du BLOC. Le rapport publié le 17 mai 2018. Il apparaît des conclusions de ce rapport que le mode de rémunération à l’épisode de soins pose de nombreux problèmes :

Des prérequis non réunis pour débuter une expérimentation :

  • un important retard en matière de numérisation et d’investissements
  • des preuves non établies sur la qualité et la pertinence des soins
  • Des effets pervers attendus pour les patients et pour les soignants :
    • sélection des patients parmi les plus fragiles
    • des surcoûts administratifs élevés
    • une complexité des circuits financiers générant des tensions entre les acteurs du parcours
    • remise en cause de la responsabilité et de l’indépendance professionnelles

En conclusion il apparaît pour les commanditaires de l’étude que ce nouveau mode de financement n’a pas fait ses preuves en Suède ou aux USA et que dans un contexte de crise profonde de notre système de santé, la communauté médicale tire la sonnette d’alarme contre l’importation d’un modèle de financement clé en main de pays dont les systèmes de santé sont très différents du nôtre.

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